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Sur les pas de Madame Beurlingue
Vous marchez sur les traces de vie de Madame Beurlingue. Une femme du Sud-Ardèche dont l’ombre, dit-on, n’a jamais vraiment quitté les lieux qu’elle aimait parcourir. La forêt, les chemins, les pierres anciennes portent encore son passage. Bien qu’elle nous ait quittés le 22 juillet 1873, certains êtres choisissent de rester, non par peur de partir, mais par désir de transmettre. Madame Beurlingue revient, inlassablement, sur les six chemins que vous vous apprêtez à emprunter. Elle observe, elle attend. Que cherche-t-elle à vous dire ? Peut-être souhaite-t-elle vous conduire jusqu’à ce louis d’or, dernier lien qui la retient encore à notre monde. Et peut-être qu’une fois ce trésor retrouvé, son âme pourra enfin s’en détacher. Une vie ardéchoise Marguerite Beurlingue naquit à Payzac, petit village du Sud-Ardèche, le 3 janvier 1781. Comme beaucoup de familles du pays, elle grandit dans une maison de pierre. Au rez-de-chaussée vivaient une vache et trois chèvres. On y fabriquait quelques picodons, ce fromage de chèvre simple et précieux, et l’on cultivait, avec acharnement, des terres étroites retenues par des faïsses de pierre sèche. Autour de la maison, quelques oliviers, des cerisiers et des pêchers. Dans sa jeunesse, ses parents élevèrent aussi des vers à soie, une activité patiente qui apportait un peu d’argent liquide à cette vie de subsistance. |
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Ce que racontent les lettres
De Marguerite, nous savons peu de choses. Nous pensons qu’elle n’eut sans doute pas d’enfants, sans pouvoir l’affirmer. Mais une lettre adressée à sa cousine Marie, à Lyon, nous éclaire davantage. Elle y évoque une petite pièce d’or, toujours portée sur elle, nouée dans un mouchoir transmis par sa grand-mère. Un mouchoir qu’elle remplissait chaque année de têtes de lavande fraîche. Dans cette correspondance, elle parle aussi d’une forêt, du côté de Saint-André-Lachamp, où elle aimait marcher longuement, seule. Elle évoque également un vieux moulin, près de Payzac, cher à son cœur depuis l’enfance, lorsqu’elle y accompagnait son grand-père. Plus tard, dans une autre lettre, adressée cette fois à un certain Jean-Baptiste, elle mentionne une mine et se souvient qu’enfant, elle descendait volontiers dans une grotte proche de chez elle. Un passage intrigue particulièrement : elle y parle, en occitan, de « lo cagaïre ». Le sens exact nous échappe encore. Était-ce une image, un avertissement, une énigme laissée volontairement obscure ? |